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Coups de projecteur divers

C’est notre terre

par Catherine et Olivier (14 mars 2009)

Depuis quelques mois maintenant, l’exposition "C’est notre Terre" se tient à Tour & Taxis.

Après quelques hésitations puis reports, nous nous sommes décidés à aller la visiter après le travail en profitant d’une nocturne (une fois par semaine).

Arriver à l’endroit même de l’exposition lorsque nous sommes sur le site de Tour & Taxis est déjà toute une aventure mais nous permet de découvrir des bâtiments très intéressants et très beaux de ce complexe.

L’exposition proprement dite se passe en sous-sol. L’entrée est assez chère mais quoique encore relativement raisonnable pour une exposition de cette envergure.

Nous pénétrons dans une première salle composée exclusivement d’horloges pour nous rappeler que le temps tourne et que si nous voulons faire quelque chose pour sauvegarder notre petite planète, c’est maintenant.

Suivent plusieurs salles assez didactiques sur des thèmes très divers comme: d’où venons-nous en fait? Quels sont les fruits et légumes de saison? Quelle est la part d’eau consommée (voire gaspillée) à différents endroits de la planète? D’où proviennent les aliments que nous trouvons dans le supermarché? Quelle est la quantité d’énergie dépensée pour manger un filet de pangasius du Viet-Nam contre un filet de truite belge?

Dans la plupart des salles, des jeux sont proposés, tant pour les adultes que pour les enfants. Les explications sont claires quoique parfois pas assez complètes. Une ligne du temps expliquant quand vivaient Homo erectus, Lucy, l’homme de Cro-Magnon et celui de Neandertal aurait fait du bien pour remettre en mémoire nos leçons d’histoire de l’école secondaire. La salle sur l’eau était la plus impressionnante. Surtout les jerrycans de 20 litres remplis que l’on pouvait soulever pour comprendre à quel point dans certains pays la recherche de l’eau s’avère difficile. Autres salles impressionnantes: celle où nous nous retrouvons dans le blanc polaire avec très peu de visibilité. Et celle où nous nous retrouvons dans le noir complet, des bruits d’insectes, de grosses bêtes carnivores et autres animaux nous rendant légèrement (très) apeurés.

Plusieurs films émaillent le parcours. Les chaises placées à disposition des visiteurs sont en cartons… un peu déroutant au début mais somme toute assez confortables.
Le dernier film montre Alain Hubert expliquant la station polaire Reine Elizabeth et surtout sa fondation
Polar research qui devrait voir le jour sous nos latitudes. Cette dernière devrait être très intéressante: elle devrait permettre la recherche mais également la formation et l’information.

Quelques bémols

Bien que la plupart du temps didactique et tournée vers la prise de conscience de la population, l’exposition donnait de temps en temps l’impression de faire comprendre aux citoyens que c’est quand même de leur faute si on en est arrivé là et que c’est donc à eux à faire quelque chose. Les politiques et industriels passent à la trappe. Aucune prise de conscience à ce niveau là (ou alors très peu). Ce processus de culpabilisation quasi caricatural semblait inversement proportionnel à la volonté d’occulter le recul du politique et d’occulter aussi que si nous sommes tous responsables, certains le sont beaucoup plus que d’autres. Le néolibéralisme et son modèle libre-échangiste pour ne citer que celui-là. En outre, il est bon de rappeler que la somme des intérêts individuels ne fera jamais l’intérêt collectif. Et par conséquent des décisions devraient être, à notre avis, plutôt être prises par ceux censés représenter cet intérêt collectif.

Le côté didactique aurait pu être plus clair dans la salle où il est possible de rouler sur un vélo (plus qu’âgé). La distance cumulée parcourue en vélo par tous ceux qui ont fait cet exercice depuis le début de l’exposition est comparée à la même distance en voiture, en train, et en avion (avec les consommations en carburant respectives). Cette salle aurait eu plus de pertinence en expliquant que le même trajet pour aller d’un point A au point B dans une grande ville aux heures de pointe prend X temps à pieds, en transport en commun et en voiture et consomme Y. Cela aurait été certainement plus parlant pour le commun des mortels.

De plus, le volet consacré aux solutions était d’une part un peu maigre par rapport aux autres volets et en outre un peu rébarbatif et peu pédagogique comparé au reste: des tunnels d’entretien vidéo avec des excellences politiques (sponsors de l’expo?), après deux heures de visite, ne semblent pas être le meilleur choix.

En résumé, une exposition très intéressante mais surtout si l’on est déjà conscientisé par le thème.

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