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Coups de coeurs divers

La surprise organisée pour les parents de Catherine

par Catherine (25 juin 2009)

Mes parents sont tous les deux nés la même année, il y a 60 ans, à environ 6 semaines d’intervalle. Pour fêter l’évènement, j’avais proposé à mon frère que nous leur payions un week-end gastronomique. Comme ça, ils pouvaient aller où ils voulaient en Belgique tout en se faisant plaisir en goûtant les spécialités locales. Vincent (mon frère) a en plus proposé que nous organisions un barbecue.

Nous avons pris rendez-vous chez nous pour en discuter à quatre. Nous nous sommes tout de suite mis d’accord sur le fait qu’il faudrait que ce soit une surprise pour eux. La liste des invités a été dressée, la date arrêtée et les idées sur comment leur annoncer la venue ont fusés. Bref, ils allaient avoir la surprise de leur vie !

Tout cela, c’était trois mois avant la date fatidique.

Il nous restait du temps pour trouver les adresses de la nombreuse famille tant paternelle que maternelle et des amis… et vive Facebook!, de déjà préparer les parents facebookés qu’ils devraient s’attendre à devoir trouver des excuses pour ne rien dire.

Je me suis chargée de la préparation de l’invitation pendant que mon frère se chargeait de réserver la salle et le traiteur, parce que nous ne voulions pas tout préparer nous même, nous comptions sur environ 80 personnes, enfants compris.

Bref, je trouve un subterfuge pour prendre tous les albums photos de mes parents ("Oh, Maman, j’ai vraiment envie de regarder les photos, ça fait si longtemps!"… et surtout voir lesquelles pourraient servir à l’invitation). Mon frère se retrouve embêté lorsqu’il ouvre devant mes parents la lettre disant que la salle était réservée ("Non, non, ce n’est rien, des bêtises administratives").

En discutant de la surprise avec le père d’Olivier, il me demande quel cadeau prendre. C’était une colle parce que je n’en savais rien. C’est là qu’il propose que nous préparions une urne et que l’argent récolté soit utilisé pour que mes parents partent en vacances. L’idée étant immédiatement acceptée par moi, je la soumets à Vincent qui accepte également. Ok, je m’occupe de l’urne et je l’indique sur l’invitation.

Les jours passent, je dis à mes parents de bloquer la date du 20 juin parce qu’Olivier et moi, nous les invitons à manger quelque part. Il ne manquerait plus qu’ils décident d’aller ailleurs ce jour-là!

Plus d’un mois avant la date fatidique, nous envoyons les invitations, soit par la poste, soit directement dans la boîte aux lettres (pour les voisins de mes parents par exemple), soit de la main à la main. Et là, le stress monte: pourvu que personne ne dise quelque chose! D’autant plus que, concours malheureux de circonstance, mon grand-père paternel a eu quelques ennuis de santé et mon père s’est souvent retrouvé avec ses frères et sœurs. Un de mes cousins qui avait placé son invitation sur son frigo, bien en évidence, avec des photos clairement reconnaissables a eu des sueurs froides quand mon père est allé chez lui et s’est assis… juste à côté du frigo!

J’ai téléphoné à une amie de ma mère chez qui elle va régulièrement pour lui dire que tel jour une enveloppe sera dans sa boîte aux lettres et qu’elle ne doit surtout pas l’ouvrir devant ma mère et faire en sorte qu’elle ne soit pas visible.

Une semaine avant le jour-J, la tension monte. Les échanges d’e-mails avec la liste des invités, les chats sur Facebook et les sms se font plus nombreux. Mon congé pour le vendredi après-midi est pris et il est hors de question que je parte plus tard, mes collègues sont prévenus.

Olivier et moi faisons notre part de courses (nappes, serviettes, vins, et autres bêtises du genre). Vu le poids de la caisse de courses, nous décidons de la laisser dans la cuisine… Naturellement, quelques instants après, mon père téléphone à Olivier pour lui dire qu’il passera bientôt lui apporter quelque chose. Branle-bas de combat, nous cachons tout dans un endroit où nous sommes quasi certains qu’il n’ira pas voir.
Lorsque j’ai ma mère au téléphone, je lui dis que nous irons manger dans "un resto chic à Namur". Ben oui, il faut:

  • qu’ils soient bien habillés ("Oui oui, Papa doit prévoir une cravate et Olivier aussi": grands gestes indignés de la part de celui-ci),

  • que nous allions quelque part de suffisamment loin de Liège et Huy pour que nous ayons une excuse pour passer chez eux, à une heure relativement tôt dans la soirée.

La veille, le stress me réveille à 2h30 du matin. Autant dire que je ne suis pas super productive au bureau et que je ne m’occupe que de tâches qui ne demandent pas de grandes réflexions (celles-ci sont tournées vers le lendemain). L’après-midi, Vincent et moi préparons les tables et les décorations pendant que Nicole prépare les fleurs avec ses nièces. Elle fera aussi la sangria. Les filles s’amuseront également à gonfler les ballons.

Le jour-J, après une nuit de nouveau très courte (je suis abonnée aux réveils à 2h30), c’est l’heure des dernières courses puis, direction Vinalmont avec Olivier qui a été réquisitionné pour la matinée. Il est clair que nous sommes sur les nerfs. "Est-ce que tu as eu des nouvelles de untel?", "Oui, il vient", "Ouf, bonne nouvelle". "Et le traiteur, c’est quand encore qu’il vient?", "Il ne faut pas oublier les mouchoirs en tissu", "Non, non, je les prends cet après-midi". "Bon, il reste quoi à faire?". Bref, malgré une bonne ambiance, la tension monte. Naturellement, j’avais rendez-vous chez le coiffeur l’après-midi, nous quittons la salle en promettant de revenir à 15h30. La demi-heure passée à me faire coiffer a fait du bien! Nous partons de la maison légèrement en retard et voilà qu’à 15h33, je reçois un sms de mon frère me demandant où je suis. Le temps de garer la voiture, je lui réponds que nous sommes là. Tension, tension… Naturellement, tant mon frère que moi avons oublié les mouchoirs. Tant pis, je leur donnerais des essuies-main.

17h, les premiers invités arrivent (une demi-heure à l’avance mais soit, ils sont là). Nous n’avons pas trop le temps de papoter, et je regarde ma montre toutes les 5 minutes. Lorsque l’heure de partir est arrivée, c’est une bouffée de chaleur qui m’envahi… quel stress!

Avec la compagne d’un de mes cousins (côté Maman), nous allons chez mes parents où je leur apprends que nous changeons de plan: nous les enlevons pour la soirée. D’ailleurs, mon père est prié de se mettre à l’arrière de la voiture (où je pourrais le surveiller) et d’attacher sa ceinture. Une fois fait, je lui place un bandeau sur les yeux. Ma mère se place à l’avant avec un énorme point d’interrogation dans les yeux et elle a droit également au bandeau. Vu que la salle est à 2 km de chez eux, ils se douteront assez vite de l’endroit où ils vont, alors nous allons les balader dans les villages alentours. Le sens de l’orientation pourtant excellent de mon père est mis à mal et, heureusement pour nous, au bout de quelques minutes, il ne sait plus où nous sommes.
Après une vingtaine de minutes à tourner, nous arrivons à la salle. Les flash crépitent, les murmures se font entendre. Je leur demande de tendre la main et je leur donne leur essuie. A trois, Vincent et moi leur enlevons les masques… et avons tout autant qu'eux besoin d’essuies… Ils ne s’attendaient pas à ça, c’est certain! Nous pouvons servir les apéros, dire bonjour à ceux qui sont arrivés après notre départ et papoter un peu. Mes parents passent de personnes en personnes avec des yeux qui ont du mal à sécher.

Apparemment, nous avons réussi.

Après un léger pétage de plomb à l’extérieur (stress, tension), nous prenons (mari et femme, frère et sœur, compagne et compagnon) place à la table d’honneur. Pas longtemps puisqu’il faut s’assurer que tout le monde a ce qu’il faut, donner de l’eau, prendre des photos,… le barbecue est cependant excellent!

S’ensuit une séance de photos de famille et amis où je suis la préposée photographe principale. Mes parents semblent s’amuser mais nous leur prévenons que ce n’est pas terminé.

Effectivement, au dessert, nous arrivons avec un gâteau préparé par Nicole où se trouve la photo de leur mariage (cela fera 40 ans l’année prochaine): de nouvelles larmes, de nouvelles embrassades et voilà le moment de leurs cadeaux. Rebelote!

Le reste de la soirée se passera à papoter, faire la vaisselle, boire un peu (quand même). Un peu avant 3h du matin, une migraine (suite au manque de sommeil et au trop plein de stress) me force à rentrer à la maison.

Mes parents resteront encore une grosse heure. Ils auront appris comment nous avons pu leur cacher ça pendant si longtemps et comment le secret a été si bien gardé par tout le monde. Ils auront été effarés par l’ampleur de la cachotterie… mais c’était pour la bonne cause non?

Maintenant, il n’y a plus qu’à trier les photos, faire un album… et surtout pour eux, chercher une destination de vacances.

Encore un très bon anniversaire à eux.

Et un grand merci à mon frère, Nicole et Olivier pour le travail réalisé et à tous les invités pour avoir participé au complot!

 

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