| ASSOCIATION DU 38 - Coups de coeur, gueule, projecteur |
Coups de projecteur diversPhilosophy Football par Olivier (03 juillet 2009) Signaler l'intérêt philosophique d'une initiative qui célèbre le football (outre le désormais annuel chant – le Standard est champion, vive le Standard, repris par les plus jeunes!) a, à l’heure actuelle, toutes les chances d'apparaître comme une provocation déplacée à une époque où le mépris des sentiments et des passions populaires est devenu un métier et passe pour une vertu. Et pourtant, l’envie de lever le voile sur une initiative britannique bien sympathique, certes à la teneur bobo (car, ces objets ne sont pas gratos!) fortement marquée, me démange. Tout a commencé en octobre 1994. Un stupide match nul entre Queen Park’s Rangers et les Spurs de Tottenham et une amertume à digérer tenaillaient Geoff Andrews et Mark Perryman. Ils eurent alors l’idée et l’envie d’immortaliser cette amertume sur un T-shirt reprenant la phrase d’Albert Camus "All that I know most surely about morality and obligations I owe to football" (tout ce que je sais sur la morale et les obligations, je le dois au football). Hugh Tisdale, graphiste dans un journal gaucho fut invité à s’occuper du look de la chose et il y ajouta comme pour tout maillot de football qui se respecte, le nom du joueur et son numéro au dos (Albert Camus, un). Et les commandes se multiplièrent. A un point tel que l’idée leur
vint de créer toute une équipe et de donner un nom à l’initiative:
c’est ainsi que Philosophy football était né. Il n’est pas exclu de
penser que le célèbre sketch des Monty Python (le match de foot des
philosophes) est à l’origine de ce nom.
Philosophy Football rebondit volontiers sur l’actualité, a un regard aigu notamment sur les luttes syndicales et sur le triste sort réservé à la Palestine et est tout sauf une entreprise multinationale. Le duo est clairement un duo de fans du football comme le jeu du peuple, pas comme son extension du capitalisme mondialisé. Leur position est somme toute assez proche de celle de Jean-Claude Michéa, dont nous avions déjà évoqué sur ce site, l’opus, Les intellectuels, le peuple et le ballon rond. Depuis 1994, tout en restant le jouet des deux gaillards du début, la gamme s’est donc élargie: outre les T-shirts, on dénombre aussi des écharpes, des livres, de superbes assiettes commémorant l’art pictural soviétique (le tout étant visible sur www.philosophyfootball.com). Inutile de le dire, pour ceux qui me connaissent et qui ont la chance ou la malchance de me croiser souvent, je suis un véritable afficionado de cet attirail vestimentaire. Et ce pour deux raisons: la coquetterie et la vanité doivent jouer sans nécessairement entrer dans la rivalité ostentatoire, véritable ressort des tristes passions consuméristes mais on doit aussi et surtout y voir la joie et l’allégresse d’avoir trouvé un outil de reconquête idéologique en assumant et affichant ses valeurs de manière ludique et quelque peu ironique, bref sans trop se prendre au sérieux.
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