ASSOCIATION DU 38 - Expos photos  

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Thy fearful symmetry- Ton ordre terrible

Tyger, tyger, burning bright
In the forests of the night
What inmortal hand or eye
Could frame thy fearful symmetry
Tigre, tigre, flamme claire
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel œil immortel
Purent donc bâtir ton ordre terrible

William Blake, "Tyger, Tyger"

Ces quelques vers comme point de départ d’une nouvelle idée d’exposition.
Rassembler des photos couleurs et noir et blanc sur cette conception d’un ordre terrible.

Work in progress, les détails suivront. En attendant, notre première expo:

Cités de verre - cités à la dérive

Catherine Messiaen, Olivier Starquit, Nicolas Théodoridis
Bibliothèque d'Alleur du 22/06/04 au 04/07/04

Rien n'est totalement dérive ou totalement verre, la réalité est un mélange des deux.

Se perdre, non seulement dans la cité mais tout autant en soi-même. Autour de soi, devant soi, hors de soi, le monde change. Le mouvement est l'essence des choses. L'acte de placer un pied devant l'autre consiste à se permettre de suivre la dérive de son propre corps.
Et si les mots que nous employons ne correspondaient plus au monde? Alors, le reflet dans le verre nous indique la voie à suivre

Le Petit Larousse nous apprend que la frontière est une "limite qui sépare deux Etats" mais est aussi une "lisière entre deux choses". Si nous prenons le faux ami anglais "frontier", il exprime non pas une limite mais un espace ouvert prêt à être conquis.
Ce dernier terme à consonance guerrière indique que la "frontière est un lieu de confrontation" mais aussi une "muraille qui sépare et protège", un "lieu de conflit et d'indifférence" et encore "un lieu de solidarité, d'échange et de coopération".
Tout a une frontière: les Etats, les villes, les politiques, les cultures, les religions,... Si nous restons "bien au chaud au sein de notre village ou au coeur de notre tribu, nous avons toutes les chances de ne croiser que des copies conformes à nous-mêmes, à nous entendre parler dans la bouche des autres et à nous conformer dans nos certitudes". Aussi faut-il avoir le courage de traverser les frontières qu'elles soient spatiales, religieuses ou culturelles.
D'autant plus qu'elles se croisent, et parfois se superposent.
Il faut oser familiariser de nouveau son esprit à la critique: il doit voir la dérive sous le verre et le côté éclatant de cités que nous pensons finies, ternes.
Il faut oser prendre le train, réel ou imaginaire, et aller à la rencontre des autres qui se trouvent des deux côtés des frontières que nous nous sommes fixés.

De plus, souvent, l'une est le résultat de l'autre. En effet, les cités de verre, belles, florissantes, prometteuses de jours meilleurs, et là où toutes les décisions stratégiques de l'humanité se négocient et se prennent, se révèlent souvent fragiles face aux gigantesques ondes de choc incontrôlables. L'Histoire ne nous a-t-elle pas démontré que les cités de marbre et de pierre se sont souvent effondrées suite aux dérives provoquées par les révolutions, les catastrophes humaines et naturelles?
Tout comme ces dernières, les cités de verre négligent leur environnement, se cloisonnent derrière leurs belles façades et avec le temps courent à leur perte, à leur dérive. Elles sont comme les cartes: impressionnantes et imposantes de face, fragiles de profil.

Finalement, les cités de verre deviennent un jour ou l'autre des cités à la dérive car, dès leur érection, elles en cultivent déjà le germe.

 

 

 

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